Bilbao, Angoulême, Nantes : autant de modèles que de villes

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Bilbao et le Guggenheim, Metz et le centre Pompidou, Angoulême et la bande dessinée, Montréal et les arts numériques, Nantes et le Quartier de la création… les exemples de villes affichant leurs capacités créatives ne manquent pas. La ville créative serait même un modèle de développement approprié à un monde globalisé où la recherche d’innovation et de différenciation se classe en haut des priorités des territoires.
L’approche sectorielle s’intéresse principalement au développement des activités culturelles et créatives sur un territoire. L’approche globale, elle, met l’accent sur les relations entre ces activités et le développement du territoire dans son ensemble.

On retient généralement une définition assez large des industries créatives comme étant des industries dont « le produit ou le service intègre des composantes artistiques ou créatives significatives » à la « croisée des chemins entre les arts, la culture, les affaires et la technologie ». D’autres caractéristiques peuvent être prises en compte comme le niveau de connexion entre les activités culturelles et créatives et le développement économique d’un territoire, l’attractivité, l’innovation, la diversité, l’échange, la confiance.

Avoir des atouts ou pas
Les grandes villes mondiales telles que Paris, Londres, Milan ou New York assoient leur image de ville créative en valorisant la diversité de leurs atouts dans leurs stratégies de développement. Elles bénéficient des plus beaux équipements culturels (musées, théâtres…) en même temps qu’elles constituent des pôles économiques très puissants. Elles attirent naturellement les classes créatives.

Les villes de taille plus réduite héritent d’un patrimoine culturel ou d’un savoir-faire moins diversifié. Elles développent alors des stratégies de différenciation mettant en valeur leur spécificité comme Nancy avec le Temps des Lumières ou Avignon grâce à son festival de théâtre.

En revanche, d’autres villes sont privées d’atouts culturels déterminants. Elles ne possèdent pas de riche patrimoine historique, mais souhaitent cependant développer une spécialisation créative. Deux types de villes peuvent être distinguées :

Les villes qui saisissent l’opportunité de se spécialiser sur les activités culturelles et créatives grâce à leur modernité, leur dynamisme et leur qualité créative. Ces villes choisissent de se construire une image de ville créative en investissant massivement sur les industries culturelles et leurs interactions avec les nouvelles technologies. La ville de Montréal a mis au point une politique ambitieuse à long terme en cultivant les synergies entre les différents acteurs culturels privés et publics.

Les villes en reconversion industrielle ou en mutation économique contraintes de se re-spécialiser. Ces villes sont généralement marquées par le déclin d’un secteur industriel qui dominait l’économie de la ville ou cherchent à anticiper une mutation économique à venir.
Une première stratégie consiste à appuyer la spécialisation créative sur un geste architectural fort. La construction du musée Guggenheim à Bilbao par Frank O. Gehry a fortement contribué à la nouvelle image de la ville.
Metz a choisi une stratégie voisine en accueillant la première antenne du Centre Pompidou réalisée par Shigeru Ban et Jean de Gastines.
Enfin, Abu Dhabi anticipe la diminution de la rente pétrolière avec le projet du « Louvre à Abu Dhabi » et l’île de la culture rassemblant quatre musées, une grande salle de spectacle, des hôtels et marinas pour devenir un pôle touristique et culturel mondial.

Une seconde stratégie consiste à choisir un domaine de spécialisation porteur et à engager des investissements permettant d’atteindre une taille suffisante pour développer une dynamique de cluster.

Saint-Étienne fonde sa stratégie de développement et d’attractivité territoriale sur le secteur du design. Construite sur l’ancienne manufacture d’armes, la cité du design est une plate forme de création, de recherche et de formation. Associée à des événements comme la biennale internationale du design, la ville vient d’être nommée « Ville Créative design » par l’Unesco.

Angoulême a dans les années 1970 choisit le secteur de la bande dessinée pour améliorer son image suite à la désindustrialisation. Depuis, le festival d’Angoulême est devenu le principal festival de BD en France.

Enfin, une dernière stratégie repose sur une planification urbaine et culturelle portant sur l’ensemble d’un territoire. L’action urbaine se réinvente dans un processus associant urbanisme, événements, formation, expérimentation…
Les transformations de l’Île de Nantes sont ici exemplaires. Les dynamiques réticulaires autour de la filière culturelle et créative et la recherche de synergies sont développées dans un objectif d’attractivité internationale.

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Découvrir les atouts de l’économie créative

Un seul site pour comprendre les atouts et les enjeux de l’économie créative : www.economie-creative.be. Vous y trouverez aussi des exemples concrets.

Front End of innovation

Chaque année, FEI ( Front End of Innovation) organise une série de conférences internationales. C’est Venise qui a accueilli l’édition de mars 2014. Le thème était Construire un écosystème pour conduire une création de valeur continue. Cette manifestation de haut gamme ( comptez 2.000€ de frais de participation hors trajet et hébergement) accueillait Alberto Alessi venu en voisin, le Business Model Canvas revisité par le Lego Serious Play animé par Per Kristiansen